Anti-impérialisme

Nous relayons ci-dessous un article d’Yves Coleman qui analyse à son tour certaines dérives de l’anti-impérialisme en France et en Europe, celui revient sur le rôle joué par certains journalistes et intellectuels de gauche qui au nom de l’anti impérialisme ne font qu’absoudre et donner des cautions  morales a des régimes autoritaires et dictatoriaux qui n’ont rien d’humanistes et encore de progressistes. Ce texte  a été initialement publié dans la revue Ni patrie ni frontières et sur le site mondialisme.org.

A l’extrême gauche comme à l’extrême droite on ne connaît géné­ra­lement qu’un seul impér­ial­isme, l’impér­ial­isme amé­ricain, et son « valet sio­niste ».

Ce sont les jeunes nazis du NPD et les natio­na­lis­tes-révo­luti­onn­aires alle­mands qui ont, les pre­miers dans l’extrême droite europé­enne, théorisé la néc­essité de mener une lutte de libé­ration natio­nale, pour déf­endre l’iden­tité natio­nale alle­mande, et « sou­te­nir “dans un cadre inter­na­tio­nal et eth­no­plu­ra­liste”, les com­bats des Africains, des Asiatiques, des Basques, des Bretons, des Flamands » (N. Lebourg, op. cit.). À la même époque (le début des années 70) l’Organisation Lutte du Peuple insis­tait en France sur le fait que leur natio­na­lisme racial-européen était « juste et légi­time à l’instar du natio­na­lisme arabe et des natio­na­lis­mes sud-amé­ricains » fondés sur des « zones ethno-géog­rap­hiques bien dét­erminées ».

L’anti-impér­ial­isme des fas­cis­tes s’expli­que aussi par la phobie du mét­is­sage : comme l’expli­quait Maurice Bardèche en 1960, « toutes les races sont égales entre elles, aucune n’a de titre à s’ins­tal­ler dans l’espace vital d’une autre race et la paix ne règ­nera sur le monde que lors­que chaque race aura réintégré le conti­nent qui lui a été attri­bué par la nature ».

Du côté de l’extrême gauche, la théorie de l’impér­ial­isme (et donc de l’anti-impér­ial­isme) cor­res­pond à une époque où un cer­tain nombre de puis­san­ces europé­ennes (Espagne, Portugal, Pays-Bas, France, Angleterre) exerçaient une domi­na­tion directe ou indi­recte (Etats-Unis) sur des pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine qui n’avaient aucune auto­no­mie poli­ti­que. Ces puis­san­ces entre­te­naient sur place des trou­pes ou des bases mili­tai­res, voire par­fois se livraient à une colo­ni­sa­tion de peu­ple­ment (Australie, Nouvelle-Zélande). À cette époque, le fait de réc­lamer l’autodét­er­mi­nation et l’indép­end­ance natio­nale, et sur­tout tous les droits démoc­ra­tiques du mou­ve­ment ouvrier (droits d’orga­ni­sa­tion, liberté de presse, de réunion et d’expres­sion) qui y étaient asso­ciés, avait un sens, notam­ment pour les mili­tants vivant dans les mét­ro­poles impér­ial­istes qui devaient prou­ver concrè­tement qu’ils n’étaient pas com­pli­ces avec leur propre bour­geoi­sie.

Aujourd’hui, on assiste à l’essor de puis­san­ces rég­io­nales (Iran, Irak, Turquie) au Machrek ; Chine, Inde, Pakistan en Asie ; Brésil, Venezuela, en Amérique latine, qui ne sont plus sous la coupe mili­taire ou la domi­na­tion colo­niale directe.

Le plus sou­vent, les mou­ve­ments anti-impér­ial­istes actuels ne sou­tien­nent pas des mou­ve­ments de libé­ration natio­nale, car il n’y en a plus guère sur cette planète (on pou­vait encore fan­tas­mer, dans les années 1960 sur une éventu­elle « trans­crois­sance » socia­liste de ces mou­ve­ments, ce n’est plus pos­si­ble aujourd’hui). Ils sou­tien­nent des Etats soli­de­ment cons­ti­tués qui ont eux-mêmes des ambi­tions ter­ri­to­ria­les par­ti­cu­liè­rement agres­si­ves vis-à-vis de leurs voi­sins immédiats (Iran/Irak ; Irak/Koweït ; Inde/Pakistan ; Pakistan/Afghanistan, etc.), ou qui veu­lent deve­nir les diri­geants d’allian­ces éco­no­miques et poli­ti­ques rég­io­nales (Venezuela, Brésil) pour mieux affron­ter la concur­rence des gran­des puis­san­ces.

C’est ainsi que Michel Collon, dont les écrits sont cités par de nom­breux sites d’extrême gauche ou alter­mon­dia­lis­tes, a pu écrire le 11 août 2011 : « Mais s’ils arri­vent à ren­ver­ser Kadhafi, que se pas­sera-t-il ? Plus d’Etat-pro­vi­dence en Libye, mais un maxi­mum de pri­va­ti­sa­tions. » Vous avez bien lu : le régime Kadhafi avait ins­tauré un « Etat-Providence » dans son pays ! Sa stupéfi­ante clair­voyance poli­ti­que est même dépassée par Alexander Cockburn, un autre jour­na­liste dont les arti­cles sont tra­duits ou cités sur les sites alter­mon­dia­lis­tes et d’extrême gauche, et qui écrivait le 22 juillet 2011 un arti­cle au titre pré­mo­nit­oire « Quatre mois plus tard : L’échec de l’OTAN contre la Libye dés­ormais confirmé ». Notre jour­na­liste anti-impér­ial­iste écrivait un mois avant la chute du régime : « Tripoli a réc­emment connu de vastes mani­fes­ta­tions pro-gou­ver­ne­men­ta­les. La popu­la­tion libyenne est de 6 mil­lions, dont 4 à Tripoli. Kadhafi se promène dans la ville dans une Jeep ouverte. Un grand nombre d’AK-47 ont été dis­tri­bués aux comités de déf­ense civile. Les forces de sécurité de Kadhafi ont-elles obligé tous ces gens à aller mani­fes­ter ? C’est peu pro­ba­ble. »

Voilà à quoi sont réd­uites aujourd’hui la gauche « anti-impér­ial­iste » et l’extrême gauche. Elles repro­dui­sent les écrits de jour­na­lis­tes qui auront sou­tenu et embelli le régime Kadhafi jusqu’au bout. Elles se tai­sent sur les mas­sa­cres en Syrie (la gauche franç­aise et inter­na­tio­nale n’a orga­nisé aucune mani­fes­ta­tion signi­fi­ca­tive contre les mas­sa­cres du régime syrien). Elles expli­quent que la chute de Kadhafi serait une vic­toire pour « l’impér­ial­isme », comme si ce tyran avait jamais représenté le moin­dre danger sérieux pour les gran­des puis­san­ces, Russie et Etats-Unis inclus, qu’il a ser­vies alter­na­ti­ve­ment.

En mars 2011, l’appel à un débat ras­sem­blant les orga­ni­sa­tions de la gauche et de l’extrême gauche des Bouches-du-Rhône conte­nait les propos cra­pu­leux sui­vants : « Pourtant, peut-on com­pa­rer le régime du colo­nel Kadhafi à ceux de ses voi­sins égyptien et tuni­sien ? N’a-t-on pas connu les diri­geants libyens, sous des pos­tu­res plus en phase avec l’aspi­ra­tion des peu­ples de la rive sud de la Méditerranée (natio­na­li­sa­tion des hydro­car­bu­res, redis­tri­bu­tion rela­tive des riches­ses générées par la vente du pét­role et du gaz, gra­tuité de la méde­cine, alliance avec les régimes pro­gres­sis­tes du sud de la planète, sou­tien indéf­ec­tible à la cause pales­ti­nienne et à toutes les luttes de libé­ration à tra­vers le monde, etc.) ? Depuis quand ce régime a-t-il com­mencé à tour­ner le dos à son peuple ? » Et qui avait signé ce tract ? Le PIR (le Parti des Indigènes de la République), ce qui est normal vu son posi­tion­ne­ment poli­ti­que, mais aussi ATTAC, le PCF, la FASE, le PG le MRAP et… la CNT. La « redis­tri­bu­tion rela­tive » voilà ce que les anar­cho-syn­di­ca­lis­tes, les trots­kys­tes, les sta­li­niens et les sociaux-démoc­rates de gauche français trou­vent pro­gres­siste ! On com­prend que tous ces gens-là soient en phase avec Michel Collon.

La devise du socia­liste Karl Liebknecht, « L’ennemi prin­ci­pal de chaque peuple est dans son propre pays », a rare­ment été appli­quée à l’extrême gauche, et jamais à l’extrême droite, ce qui est moins étonnant ! Depuis qua­rante ans, on n’a jamais vu l’extrême gauche franç­aise se mobi­li­ser dans les facs et les lycées contre les inter­ven­tions franç­aises en Afrique sub­sa­ha­rienne. On ne voit jamais des mili­tants enta­mer des actions, ou ne serait-ce qu’une pro­pa­gande, en direc­tion des sol­dats français qui par­tent com­bat­tre en Afghanistan, en Côte-d’Ivoire, au Tchad, etc. Par contre, on ne compte plus les comités Palestine, bateaux pour Gaza et autres boy­cott des pro­duits israéliens venant des Territoires occupés. Même les Indigènes de la République, si bavards sur le « post-colo­nia­lisme », n’ont pris aucune ini­tia­tive concrète pour dén­oncer l’armée franç­aise actuelle qui joue pour­tant un rôle cen­tral dans le main­tien de la domi­na­tion « post­co­lo­niale » qu’ils prét­endent dév­oiler…

Extrait du n° 36/37 de Ni patrie ni fron­tières

http://www.mondialisme.org/spip.php?article1727

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44 Responses to Anti-impérialisme

  1. Gros cons de tous les pays, unissez-vous ! says:

    reveilcommuniste.over-blog.fr/article-solidarite-syrie-initiative-commune-du-prcf-et-du-comite-valmy-samedi-7-janvier-2012-94070562.html

    Soral, Chatillon et Dieudo n’auraient pas dit mieux.

  2. Thomas says:

    « La liste des « antisionistes » qui ont franchi la limite se trouve dans les liens ci-dessus […] mais utiliser le thème de l’antisémitisme pour régler ses comptes est un procédé particulièrement répugnant, »

    Votre cerveau vous joue des tours. J’ai lu ces textes récemment et à aucun moment ils ne sont traités d’antisémites, ni même au figuré. La CNT, LO et les deux autres revues ne sont jamais critiquées en tant que telles mais en partant de propos émanant d’individus qui y sont affiliés. Et certains sont effectivement très graves. Comme d’ailleurs des dérives – de toutes sorties – ont déjà eu lieux à la FA ou sur Radio libertaire.

    « Qui cultive la « confusion », sinon Coleman lui-même ? »

    Je vous retourne la remarque. Vous citez des passages mais vos commentaires sont dénués de toute analyse. Vous comptez sur la « fainéantise » générale des lecteurs qui dans l’ensemble ne liront pas les liens donnés et gardent ainsi votre avis très tranché et accusateur pour combler ce manque d’information. Autre manipulation de votre part : donner les liens repris pas un site pro-sionisme alors que comme indiqués ils sont tous dispo à l’origine sur Mondialisme.org et la revue Ni patrie, ni frontière (avec un nom pareil, ce doit être une subversion « sioniste »). Liens qu’une simple recherche google vous place en premières occurrences, suivis effectivement de ceux qui ont été recopiés. Mais l’insinuation est plus importante que l’honnête intellectuelle.

    En revanche que Coleman soit parait-il mal vu serait peu étonnant vu que presque tous les courants politiques sont passés au crible. On a tous de bonnes chances de se sentir visés ! Qui règle des comptes au final ? Comme je le comprend à travers ses textes, Coleman « ausculte » la gauche et l’extrême-gauche française et il n’est pas étonnant d’y retrouver entre autre de l’antisémitisme ou du nationalisme. On a trop souvent la prétention à gauche de se croire dans la pureté, se vivant en dehors de la société Française, alors que de toute évidence cette dernière, la réalité concrète, nous influence d’avantage qu’on ne le croit.

  3. Noel says:

    Visiblement nous avons affaire a un énorme Troll bien connu sur d’autres sites qui déteste Coleman et les antifascistes qu’il traite constamment (sic) de flics de la pensée.

    Le même commentaire au mot prés posté ici aussi sous le titre impayable de:

    Les bouffons du nouvel ordre mondial

    http://switzerland.indymedia.org/fr/2011/11/84566.shtml

  4. Il semblerait également que malgré tout ce qu’on sait maintenant sur Chouard, celui ci soit toujours hélas une référence pour nos indignés parisiens.

  5. Karib says:

    La dénonciation de « la banque » fait grosse impression chez les gogos indignés amateurs d’explications simplistes : l’argent qui fait de l’argent c’est le mal. Le bien, c’est l’argent qui crée des emplois, qui crée de la vraie richesse.

    Tout cela évacue le fait que « l’argent qui fait de l’argent (disons « plus d’argent ») c’est la définition même du capitalisme. « La banque » est un présupposé du capital, qui n’est lui-même que de la valeur (c’est à dire de l’argent) en mouvement. Dénoncer « la banque » ou « l’argent », outre le fait de dédouaner le capitalisme (rapport social) a un fort relent d’antisémitisme, même si les simples d’esprit qui s’en tiennent à ces dénonciations n’en ont pas toujours conscience.

    Derrière la dénonciation des banquiers, dans la novlangue codée des salopards d’extrême-droite, il faut entendre « les juifs. » Les fachos, eux, ne s’y trompent pas, et entendent très bien ce que leurs idéologues leur racontent. Un autre euphémisme consiste à employer le terme de « cosmopolite ». Utilisez ce terme et vous serez sûrs de déclencher quelques ricanements de connivence chez nos soraliens et autres « antisionistes » dévoyés.

    Voilà pourquoi, d’ailleurs, je crois qu’il ne faut pas forcément jeter tous les gentils neus-neus indignés avec l’eau sale des rouges-bruns. Il y a chez eux, me semble-t-il, pas mal d’esprits faibles, habitués au consensus mollasson, à l’apologie de la « démocratie » et qui par habitude et paresse intellectuelle se satisfont d’explications toutes faites, séduisantes, qui ont le mérite de la simplicité. La dénonciation des « banquiers » est faite de cette encre-là. Ce n’est qu’ensuite, une fois la viande attendrie, qu’on présente le véritable propos : c’est la faute des juifs.

  6. Mézigue says:

    Merci Thomas pour ta réponse à Wesh … bien plus sérieuse que la mienne …

    Ce qui se passe est que je suis parfois tellement las de répondre à ce genre d’individus que je ne vois pas d’autres moyens – pour ce faire – que l’ironie …

    Tu auras d’ailleurs remarqué que ces gens d’extrême-droite sont tout sauf des « marrants » …

  7. Thomas says:

    La naïveté de bien des gens est d’attendre qu’on proclame détester les nègres ou les juifs et seulement alors on pourra parler de fascistes et racistes. Alors qu’en réalité, et depuis que c’est devenu des termes disqualifiants aux yeux même des fascistes, cela repose bien plus sur des présupposés, des renversements de logiques et des conclusions autrement plus subtiles tels que délivrées au-dessus.

    Ainsi même mal régurgité, on voit bien que l’essentiel retenu du discours conspi « anti-impérialiste » est que le véritable fascisme et ennemi ce sont les banques (« juives » américaines) et la « démocratie à l’occidental ». Enfin on revendique que la conspiration est la norme dans le monde qui nous entoure. Or ces quelques éléments sont très exactement le moteur rhétorique et idéologique de l’extrême-droite, y compris celle d’avant-guerre.

    Enfin si le soucis c’est la conspiration d’autrui, des forces étrangères, il faut un pouvoir fort pour les affronter et cela implique le nationalisme. Il est donc facile de comprendre ce qui peut plaire aussi bien des gens de droite et de gauche à cette analyse simpliste. La gauche étant en bonne partie – et pour plusieurs raisons – tout aussi étatiste. Et chauvine, il va s’en-dire.

  8. Mézigue says:

    @ Wesh
    C’est trop difficile de répondre à un érudit robino-sot-raëlien de ton envergure intellectuelle.

    Comme lorsqu’on est confronté dans une joute verbale avec l’un de tes deux maîtres de l’extrême-droite de l’extrême-gauche ou de l’extrême-gauche de l’extrême-droite (on ne sait plus bien avec ces bruns-rouges et ces rouges-bruns), on est écrasé par la puissance de tes arguments.

    Un conseil d’ami : Peux-tu STP ne pas écorcher les noms propres ? Ce n’est pas « Rothchield » mais « Rothschild ». Si tu ne me crois pas, demande à Alain Bonnet. En tant qu’ antisémite convaincu et bien ami avec Emmanuel Ratier (LE spécialiste de ces questions de nom …), il connaît bien le sujet …

  9. wesh says:

    les anticonspiratiionnistes et antifascistes ne servent que les pouvoirs dominants de plus le fascisme n’existe plus les gars il faut vous reveiller le fascisme d’aujourd’hui ce sont les banques et la democratie a l’occidental, je ne suis pas i d’extreme droite mais conspirationniste OUI !!! d’ailleurs l’histoire n’est faite que de conspirations , etre anticonspirationniste c’est avant tout defendre le discours de l’umps et des americains posez vous les vrais questions qui servez vous et quoi servez vous !!!
    non l’attaque de l’irak, de la libye , de l’afghanistan , du venezuela…. ne sont pas des conspirations …..a moins que ce soit vous qui n’ayez rien compris apres ne vous etonnez pas si les communistes vire a l’extreme droite a force d’entendre ce genre de conneries ….
    de plus la lutte anticapitaliste, contre le sionisme , l’imperialisme americains, contre les banques (rothchield, bieldberg,,sach, rockefeller…) , contre la dictature soit disant humanitaire de la democratie occidentale et le conspirationnisme est a la base l’apanage de l’extreme gauche !!!
    vous devriez plutot vous demander comment se fait il qu’il n’y a plus que l’extreme droite qui en parle la est la vrai question , il serait temps que l’extreme gauche se reveil !!!

  10. Gil says:

    Si vous n’avez pas trouvé la moindre trace de la confusion et du sionisme de Coleman, c’est que vous êtes sur les mêmes positions, ce qui est encore plus grave.

    Pour un site qui se préoccupe beaucoup des relations de certaines personnes ou même de ceux qui les publient (qui se ressemble s’assemble…) il est peu crédible que la sympathie envers Coleman de certains milieux de droite et d’extrême droite vous ait échappé !

    C’est particulièrement évident pour son sionisme :

    http://www.zionism-israel.com/limites_de_l'antisionisme_1.htm
    http://www.zionism-israel.com/limites_de_l'antisionisme_2.htm
    http://www.zionism-israel.com/limites_de_l'antisionisme_3.htm
    http://www.zionism-israel.com/limites_de_l'antisionisme_4.htm

    où l’on voit que les limites de l’antisionisme pour Coleman sont tout simplement… le sionisme. Bien qu’il nous assène régulièrement que l’antisionisme n’est pas l’antisémitisme, il ne nous a jamais donné le moindre exemple d’antisionistes qui ne seraient pas antisémites. En fait, pour lui, les seuls antisionistes fréquentables sont… des sionistes de gauche, voire des anarcho-sionistes. Bel exemple de langue de bois.

    La liste des « antisionistes » qui ont franchi la limite se trouve dans les liens ci-dessus, et on a la surprise (ou pas !) d’y trouver entre autres José Bové, Danièle Sallenave, Edgar Morin et Sami Naïr, Saramago, Norman Finkelstein, Gilles Perrault, Quadruppani, Uri Avnery, Arafat, la CNT, Lutte Ouvrière (qui a calomnié BHL !), « Le Prolétariat universel », « Le Combat syndicaliste »…

    Bref, les ennemis de Coleman. Ce qui ne veut pas dire qu’on n’a rien à reprocher à ces gens-là, mais utiliser le thème de l’antisémitisme pour régler ses comptes est un procédé particulièrement répugnant, et explique peut-être la réputation que s’est faite Coleman dans le milieu anar.

    Mais ce qu’on peut constater à propos de son soutien objectif du sionisme est également vrai pour ses délires sur l’anti-américanisme, l’anti-impérialisme, l’antiracisme, l’anticolonialisme…

    http://mondialisme.org/spip.php?article1699

    http://mondialisme.org/spip.php?article1704

    http://mondialisme.org/spip.php?article1706

    Pour ceux qui veulent des citations et des exemples, il y en a des dizaines dans tous ces liens, mais rien qu’en ouvrant le premier :

    « Anti-américanisme : l’extrême gauche (spécialement en France) a toujours été hostile aux Etats-Unis. Elle a systématiquement dénoncé :
    – les interventions militaires américaines à l’étranger (tout en étant beaucoup moins bavarde et active sur les interventions militaires françaises en Afrique) ;
    – les coups d’Etat exécutés avec l’aide de la CIA ;
    – les missiles placés en Europe contre l’URSS ;
    – l’usage de l’arme atomique à Nagasaki et Hiroshima ;
    – l’influence néfaste des romans, des séries télé et des films policiers américains ;
    – « l’invasion » du Coca Cola, des Mc Donald’s, des jeans, des ordinateurs IBM, des logiciels Microsoft, des fast-foods, de la « mal-bouffe », etc.

    Elle rejoignait et rejoint ainsi les calculs politiques de certaines fractions de la bourgeoisie nationale qui préfèrent que les prolétaires dirigent leur colère contre des capitalistes étrangers que contre elle-même. »

    Qui cultive la « confusion », sinon Coleman lui-même ?

  11. Thomas says:

    « Cela dit, quand on cherche ce qu’on est persuadé de ne pas trouver, il y a effectivement peu de chances qu’on y arrive. »

    Oui on va dire ça comme cela ! 😀

  12. Karib says:

    Cher Thomas,
    je vous l’ai dit : je n’ai guère le temps d’aller trouver des citations, mais je redis, qu’au-delà de telle ou telle formulation (elles abondent, il n’est pas très difficile d’en trouver) on constate chez lui un tropisme, une attitude générale, un parti pris favorable au sionisme et à l’Etat d’Israël et inversement, une méfiance pour ne pas dire une détestation de la résistance palestinienne. J’ajoute que dans le recueil publié sur son site, quelques textes antérieurement écrits sur cette question et dont j’avais gardé le souvenir n’apparaissent pas. Cela dit, quand on cherche ce qu’on est persuadé de ne pas trouver, il y a effectivement peu de chances qu’on y arrive.
    Voilà. C’est tout mais c’est malheureusement très évident et guère contestable. Encore une fois, cela n’ôte rien ni à la justesse de certaines de ses analyses sur la question du Moyen Orient ni, a fortiori, sur la question plus générale de la lutte des classes, du communisme, etc.

  13. Thomas says:

    Encore une fois, si vous ne pouvez pas citer des passages précis de Coleman, difficile de continuer le débat. Pour ma part de ce que j’en ai lu, je n’y ai trouvé aucun écho à vos remarques.
    Vous connaissez des personnes qui le connaisse et nous avons alors peut-être seulement des interprétations différentes. Mais si ça se trouve Y. Coleman a tout simplement réussi à taper là où ça fait mal.

  14. Karib says:

    Sur la réputation de sioniste qu’Yves Coleman s’est faite, je la tiens de connaissances personnelles mais j’imagine qu’en cherchant sur Internet on en trouvera des échos. Ce sera certainement aussi chez des gauchistes trotskystes ou staliniens avec qui je n’ai aucunes affinités, mais peut-être également chez des gens plus proches. Je n’en sais rien et j’avoue ne guère m’intéresser à cet aspect-là de la question.

    Pour le reste… Penser qu’il est capable, comme nous tous, d’évoluer, de devenir plus nuancé et de perdre sa rigidité idéologique ? Pourquoi pas et ce serait tout à son honneur car c’est visiblement quelqu’un de sincère et dont je partage, je le redis, au risque de lasser, la quasi totalité des positions.

    Alors ce que je lui reproche ? Quand on lit l’ensemble de ses textes sur la question de l’antisionisme, d’Israël, etc. (il me semble bien, pourtant, qu’un certain nombre de ses textes ont disparu, mais je peux me tromper), on ne peut qu’être frappé, au-delà même de telle ou telle formulation, par un tropisme favorable au sionisme et à l’Etat d’Israël. Et inversement, par un agacement très net envers tout ce qui touche au soutien à la résistance palestinienne.
    Sa sympathie profonde va au sionisme, qu’il reconnaît pourtant être une forme de nationalisme, et à l’Etat d’Israël, qu’il reconnaît pourtant être né de l’expulsion de la population palestinienne. Car au fond, ces défauts congénitaux lui semblent presque véniels face au tort immense causé depuis la nuit des temps au peuple juif. Les pogroms en Russie et en Europe de l’Est, puis l’extermination des Juifs par les nazis lui semblent finalement justifier l’existence même d’un Etat colonial. Or c’est très exactement le discours que tiennent les sionistes les plus modérés en Israël et dans le monde. Israël serait une sorte de moindre mal pour les juifs du monde entier, une manière de garantie face à la haine universelle.
    De façon systématique, Yves Coleman prend la défense de l’Etat d’Israël qu’il juge la cible de critiques excessives. Et de façon systématique, il s’attaque à ceux qui soutiennent la cause palestinienne en débusquant l’antisémitisme qui la sous-tendrait. Lui qui, à juste titre, s’insurge contre certaines tendances à chiffrer les souffrances pour en évaluer la valeur, se montre bien peu soucieux des souffrances terribles du peuple palestinien qui lui semblent bien peu de choses face à la souffrance quasiment ontologique qui serait celle du peuple juif.
    Combien plus riches et pertinents me semblent les positions politiques et les travaux de quelqu’un comme Maxime Rodinson. Ce grand érudit juif avait pourtant perdu ses parents dans les camps d’extermination nazis, mais il n’a jamais excipé de ce qui était sûrement une terrible douleur intime pour justifier le colonialisme sioniste. Au contraire.
    Il me semble, pour ma part, que notre devoir de révolutionnaires internationalistes n’est pas de défendre un Etat colonial déjà assuré du soutien indéfectible de l’impérialisme américain, mais de défendre le peuple palestinien écrasé par une implacable machine militaire et économique. Chacun ses choix.

  15. Mézigue says:

    @ Karib

    Je vous remercie de votre sereine réponse.

    C’est la seconde fois que vous invoquez la « belle réputation de sioniste à tout crin » qu’aurait Yves Coleman mais ce sans préciser auprès de qui cette réputation existe. Vous admettrez qu’il est important de le savoir car si, comme vous l’indiquez, c’est en grande partie à tort (car cela vient de milieux antisionistes acharnés, voire de milieux antisémites) quelle importance cela peut-il avoir ?

    D’autre part si la concession (même douloureuse ) que le sionisme est un nationalisme (et donc à rejeter en tant que tel) pour Yves Coleman, c’est donc bien que concession il y a. Alors que lui reprochez-vous au juste ?

    Pourquoi, également, lui imputer une sorte de prudence (hypocrite ?) en matière idéologique ? Pourquoi ne pas plutôt imaginer qu’il est capable, comme nous tous, d’évoluer, de devenir plus nuancé, bref de perdre sa « rigidité idéologique » ?

  16. Karib says:

    Je connais les textes d’Yves Coleman depuis des années et depuis des années, comme tant d’autres, j’ai repéré le sionisme avéré de leur auteur. Cela dit, devant la levée de boucliers que ses positions ont suscitée, notre bonhomme a prudemment infléchi son discours. Je vous avoue que pris par bien d’autres activités, je n’ai pas le temps d’aller fouiller dans sa revue « Ni patrie ni frontières » pour aller chercher les preuves de ce que j’avance. Si vous ne les trouvez pas, c’est soit qu’il a caviardé ses propres écrits, soit que vous n’avez pas, comme moi, le temps de faire les recherches nécessaires.

    J’ai dit plus haut, dans mes précédents commentaires, et ce n’est pas vraiment une preuve de simplisme ni de pensée sommaire, que les positions d’Yves Coleman étaient curieuses s’agissant de quelqu’un qui par ailleurs développe des analyses souvent pertinentes et qui sont en tout cas fondées sur un ensemble de réflexions que je partage. Seulement, dès qu’il s’agit du sionisme et de la résistance palestinienne, Yves Coleman se fige sur une manière de garde à vous idéologique où le « nationalisme » devient le mal absolu. Et s’il veut bien concéder que le sionisme est un nationalisme et donc condamnable à ce titre (mais on sent toujours que la concession est douloureuse), il est clair que le « nationalisme » qu’il vise est le nationalisme palestinien.

    Ce que j’avance n’est ni le fruit d’une animosité personnelle contre Yves Coleman ni le fruit d’une imagination simplificatrice. Je ne connais pas les raisons d’une telle rigidité idéologique chez lui, qui relèvent probablement de la sphère personnelle, mais le résultat est qu’il s’est taillé une belle réputation de sioniste à tout crin. Les reproches en ce sens sont parfois excessifs, souvent injustes, mais pas complètement infondés non plus.

    Si prochainement j’ai le temps d’aller fouiller dans les anciens numéros de Ni patries ni frontières, je vous donnerai les références nécessaires. Mais si vous disposez de plus de loisirs que moi, faites-le vous-mêmes et vous verrez que je n’invente rien.

  17. Mézigue says:

    @ Karib
    Tout comme Thomas j’ai pris le temps de lire attentivement les textes « limites de l’anti-sionisme » et, tout comme lui, je ne vois aucune des confusions que vous prêtez à l’auteur. En tous cas ce que vous en écriviez plus haut le 24 novembre 2011 à 4:18 me semble – à la relecture consécutive à celle des textes de Yves Coleman – très excessif, simpliste et fort sommaire.

    J’ajoute que l’on peut avoir un doute sur la capacité qu’à une personne à juger de façon pondérée des textes (i.e. de façon non passionnelle) lorsqu’elle écrit sur l’auteur de ceux-ci qu’il a une « vision paranoïaque » et que ce qu’il écrit ne sont que des « divagations » d’un « brave garçon ». On comprend d’autant moins ce sévère et méprisant jugement quand, par ailleurs l’auteur de ces commentaires a écrit : « Yves Coleman développe des analyses tout à fait remarquables ».

    Quand faut-il vous croire ? Faut-il penser que cette dernière phrase n’était là que comme procédé rhétorique pour faire croire à votre pondération et vous permettre donc, ensuite, de faire des suggestions infamantes (qu’il serait un soutien inconditionnel de l’Etat d’Israël !) sur Yves Coleman ?

  18. Thomas says:

    Je viens de finir la série d’article citée et pour ma part je n’ai lu aucune des confusions que vous prêtez à l’auteur. Les deux premières parties sont au contraires remarquables et à lire de toute urgence !
    De plus elles sont nombreuses les icônes à gauche, libertaires et « antisionistes » (ex: Chomsky, Pappé, Benny Morris, Shlomo Sand, Gideon Lévy, etc…) se déclarant également favorable à un « sionisme » et à la défense de l’état Israélien. Qui parle de confusion les concernant ? Non, l’important c’est bien d’être capable de critiquer les exactions du gouvernement Israélien. Le reste est un débat annexe, même pour un libertaire. Mais même là Y. Coleman n’affirme rien en ce sens et il est très probablement antisioniste comme vous et moi car opposé à toute forme de nationalisme.

  19. Karib says:

    Bien entendu, ça n’a rien à voir. Je tenais seulement à souligner le risque, pour Conspis hors de nos villes, de s’appuyer sur quelqu’un qui sur le sujet du sionisme s’emmêle considérablement les pinceaux.

  20. Mézigue says:

    @ karib
    Un grand merci pour tous ces éclaircissements et les indications de liens pour approfondir cette difficile question. Une chose est certaine. On est là bien loin des simplismes du chef de la secte sot-raëlienne

  21. karib says:

    Je parle évidemment du site d’Yves Coleman, Sans patrie ni frontières, sur Mondialisme.org. Il n’y a pas que l’article limites de l’antisionisme (où il semble déjà faire quelque peu machine arrière) mais de l’ensemble des textes où il traite de la question. Leur lecture prend évidemment un peu de temps, mais on se rend compte assez rapidement du parti qui est le sien : la défense du sionisme et de l’Etat d’Israël, la prise à partie systématique du mouvement de résistance palestinien, accusé de tous les maux parce que lié au nationalisme arabe puis actuellement à la réaction religieuse, une « position de classe » qui peut au premier abord sembler cohérente mais qui se révèle très vite un simple prétexte pour défendre l’indéfendable. Encore une fois, dommage, parce que sur tout le reste, Yves Coleman développe des analyses tout à fait remarquables. Sans le connaître personnellement, nous avons des amis communs et ceux-ci lui disent exactement la même chose. C’est dire que je n’ai aucune animosité personnelle contre lui mais une divergence de taille et qu’il se construit malgré lui une réputation de sioniste à tout crin qui empêche qu’on l’entende sur d’autres sujets et le rend peu crédible malgré la qualité de certaines de ses analyses.

    Dans la mouvance « ultra-gauche » ou plutôt « communisatrice » (ainsi qu’ils se dénomment), on lira sur cette question un texte intéressant, quoiqu’un peu économiste, de Roland Simon :
    http://www.anglemort.net/article.php3?id_article=2

  22. Thomas says:

    Vous devez parler de ce site : http://1libertaire.free.fr/index.html. Or je ne trouve aucun article de Coleman sur le sujet. Je crois donc que vous faites référence à la série d’article « Limites de l’antisionisme » sur mondialisme.org. C’est un peu long et je n’ai pas pris le temps de tout lire mais le titre semble donner gage d’une réelle différence antisionisme et l’antisémitisme, autrement il n’y aurait pas de « limites » mais une imposture.

  23. Karib says:

    Il suffit d’aller sur le site d’Yves Coleman, sans patrie ni frontières (comme indiqué en tête de l’article) et de passer en revue tout ce qu’il a écrit sur la question. Tout n’est pas mauvais, bien sûr, c’est quand même quelqu’un, comme je l’ai dit ci-dessus, qui écrit aussi d’excellentes choses, mais dès qu’il s’agit du sionisme et d’Israël, c’est plus fort que lui. Dommage.

  24. Thomas says:

    Pour être plus précis, à quel propos ou à quels textes faites-vous allusion ?

  25. Karib says:

    chers camarades de Conspis,
    permettez à un anonyme partisan de votre combat contre le confusionnisme et qui relaye partout l’adresse de votre blog, de dire que vous n’êtes pas loin de vous tirer la fameuse balle dans le pied en relayant un article d’Yves Coleman. En effet, ce brave garçon a la particularité de dire plein de choses intéressantes, de développer nombre d’analyses pertinentes mais de sombrer, tout à fait curieusement, dans la sottise et la mauvaise foi la plus invraisemblable dès qu’il s’agit de l’Etat d’Israël et du sionisme.

    Là, tout sens critique semble aboli. De même que toute honnêteté intellectuelle. Car le bonhomme sait bien à qui il s’adresse, il sait que son lectorat, dans sa quasi totalité, vomit le colonialisme et n’a aucune sympathie ni pour les colons ni pour les armées en général. Alors, tout en défendant le sionisme bec et ongles, il jure ses grands dieux qu’il n’est pas sioniste.

    Hélas, pour lui il ne fait aucun doute que l’antisionisme et l’antisémitisme c’est du pareil au même. Il veut bien concéder que quelques naïfs sincères peuvent être antisionistes sans être vraiment antisémites, mais c’est pure gentillesse de sa part.

    Sur cette question, Mister Coleman fonctionne de façon binaire : l’Etat d’Israël est un Etat juif, donc ceux qui s’y opposent ne peuvent être qu’antisémites. D’ailleurs, fait-il finement remarquer, tous les Etats sont mauvais (c’est la seule chose qu’il veuille garder de l’anarchisme, réduit à une pure formule incantatoire) donc il n’y a aucune raison de s’en prendre à un Etat particulier, l’Etat d’israël. Si vous le faites, c’est que vous êtes…. (remplir suivant les pointillés.)

    Malheureusement pour Yves Coleman, il ne fait aucun doute que l’Etat d’Israël n’est pas tout à fait « un Etat comme un autre. » Tout simplement parce que c’est le dernier Etat colonial de la planète. Anachronisme historique né en 1948, au lendemain de la plus vaste décolonisation de l’Histoire, celle de l’Inde, et à la veille d’un vaste mouvement de décolonisation qui allait culminer avec l’indépendance de l’Algérie, de la Rhodésie et la fin de l’apartheid en Afrique du Sud. L’Etat d’Israël est bel et bien un Etat colonial né du nettoyage ethnique du peuple palestinien, puisque deux tiers de la population arabe palestinienne ont été chassés de leurs terres.

    Ainsi, il ne faudrait pas que pour l’excellente raison de dénoncer les antisémites qui se drapent dans l’antisionisme et les crétins bornés qui ont l’anti impérialisme pour seul horizon et en viennent, au mépris de toute vision de classe, à soutenir les pires dictatures, vous en veniez à tordre le bâton dans l’autre sens et à justifier, par un regrettable effet de miroir, la vision paranoïaque d’un Yves Coleman qui se fait le chantre du colonialisme sioniste. Vos analyses et votre remarquable travail de décorticage n’ont pas besoin de s’appuyer sur les divagations de M. Coleman.

    Fraternellement,
    Karib.

  26. Thomas says:

    Oui ça va avec sa supposée « virilité » qu’il met en avant. C’est certain que quand c’est Zemmour, personne n’y croit.

  27. Mézigue says:

    @ Ricky

    Ce « Mukuna » me semble assez lucide sur le « courage » de Soral … Une vidéo ridicule et grotesque dans laquelle il prend la pose avec des gants de boxe, il sait faire. Défendre ses « Kamarades » (A l’extrême-droite, ils aiment mettre un « K » majuscule …) de combat sur le terrain, il est déjà moins partant.

    De toutes façons, à part à Jeannot Robin, à qui fait-il peur exactement ?

  28. Mézigue says:

    J’avais écrit frustrations … au pluriel. Donc je suis tout à fait d’accord avec les points que tu mets en avant.

    On pourrait rappeler également – bien que certaines de ses idées soient à « prendre avec des pincettes » – la façon dont Wilhelm Reich lie la sexualité et le désir de fascisme.

    Je suis ainsi persuadé que la séduction que Soral exerce sur certains ados vient aussi de la réputation qu’il s’est faite de « collectionneur de femmes » (Alors que cette collectionnite ridicule est elle-même révélatrice de son déséquilibre sur ce plan)

  29. El Argentino says:

    « les soralos-p.a.sistes nous avaient sortis les pires menaces allant jusqu’a raconter aussi que le Hamas soutenait le p.a.s et qu’il avait également les antifas français dans le collimateur, vérification faite ce fut encore un coup d’esbroufe de Dieudonné et de soral. »

    Mais bien sûr: Probablement Dieudo et amis reçoivent du financement et de l´orientation idéologique de l´Iran. Mais ne croyez-vous que le Hamas ou le Hezbollah ont d´autres urgences que « venger » les agressions faites sur un groupuscule extrémiste en France ? Croyez-vous vraiment que le Hezbollah ou le Hamas vont provoquer l´Etat français en tuant un de ces citoyens en France pour défendre l´honneur de Soral ?!?! Vraiment ces gens-là sont en train de jouer un jeu de rôle a la cour du lycée…

  30. Ricky says:

    On se rappelle aussi qu’a l’époque les soralos-p.a.sistes nous avaient sortis les pires menaces allant jusqu’a raconter aussi que le Hamas soutenait le p.a.s et qu’il avait également les antifas français dans le collimateur, vérification faite ce fut encore un coup d’esbroufe de Dieudonné et de soral.

    Par contre il avait suffi de se réunir en manif à 300 personnes à Montreuil au marché de la croix de chavaux, pour que le dieudobus en campagne électorale rebrousse chemin.

    Plus drôle cette engueulade Soral- Olivier Mukuna auteur d’un film a la gloire de Dieudonné et hagiographe de celui ci et qui a publié deux trois trucs chez Collon.

    michelcollon.info/_Olivier-Mukuna_.html

    agoravox.fr/tribune-libre/article/lettre-ouverte-a-alain-soral-96194

    Ou Mukuna avec son élégance habituelle traite soral de complotiste très drôle:

     » Idem encore concernant tes divagations pleurnichardes selon lesquelles j’aurais « comploté » avec Bricmont, Chichah et Collon pour saboter la promotion bruxelloise de ton dernier livre. Depuis quinze ans, je défends la liberté d’expression et la survie d’un journalisme digne de sa déontologie. Pour couronner ces dernières années, souvent difficiles, j’aurais co-organisé ta « censure » ? Il n’y a vraiment que les complotistes névrosés pour avaler ce genre de balivernes ! Prends un calmant et lis ceci : quel que soit le nombre ou l’intensité de nos antagonismes, jamais, je ne porterai atteinte à ta liberté de parole ou à celle de quiconque. La cohérence et la dignité, mon pauvre Alain, ce n’est pas fait pour les chiens ! ».

    Mukuna dans ses œuvres toujours très finaud et ou on en apprends de belles sur le champion de boxe soral:

    « Entre admirer ta gueule sur des affiches électorales et un « soutien inconditionnel » dans l’ombre de Marine Le Pen, le choix sera vite fait. Tandis que Dieudonné se déclare « content que (tu) ai (es) quitté le Front National », comme d’hab’, ton autoritarisme, tes aboiements réactionnaires et ton mépris profond pour tout émetteur (et surtout émettrice) de critiques aboutira à te faire détester par la majorité des candidats Antisionistes. Plus consternant : lorsque plusieurs militants de cette liste, en campagne dans le XX ème arrondissement de Paris, se feront agresser par des extrémistes sionistes ; qu’en première ligne ton colistier Yahia Gouasmi prendra des coups ; que Dieudonné se fera temporairement aveugler à la bombe lacrymogène toi … tu seras à nouveau le premier à détaler ! Abandonnant tes « camarades » en péril pour revenir jouer les « héros » une fois le danger écarté. Sans doute une autre mise en pratique de la « droite des valeurs » « 

  31. Thomas says:

    La « conspiration » a toujours existé et a toujours été une forme d’inspiration pour la fiction. Le fait qu’un jeux-vidéo (mais pas seulement) reprend aussi ouvertement les thèses les plus mainstream est surtout une preuve de plus que c’est fondé sur une analyse « politique » nulle et en rien gênante pour le système. Ce qu’il faut voir c’est qui sont les premiers vecteurs de ces thèses et là on retombe presque exclusivement sur la culture de l’extrême-droite, pas celle du divertissement.

  32. Ho que oui il y a du boulot comme tu dis.

  33. C’est effectivement un cas de pathologie politique que ce site que tu nous signale, encore merci pour tes encouragements ça fait plaisir à lire.

  34. ObïOxOïdO says:

    @el argentino la culture conspirationiste existe dans la culture en générale.

    X-files a formé dans les années 90 a influencé bon nombre d’esprits. Cette séire faisait la part belle aux monstres, aux évènements surnaturels, aux conspirationnistes, ou encore aux des extraterrestres… rendez-vous compte l’impact sur toute une jeunesse pendant près de dix ans.

    Dans le même genre de culture de masse, les séries conspis Prison Break, Jericho, The Pretender… mais aussi dans les jeux vidéos.

    Prenez la peine de visionner cette vidéo
    1mn54s il est dit « it’s a time of a great innovation… » voir signification tranhumanisme
    2mn10s il est « it’s also a time of chaos and conspiracy »
    3mn30s il est dit « Corporation have more power than the governments »

    http://www.dailymotion.com/video/xg2h7l_deus-ex-human-revolution-trailer-cinematique-director-s-cut_videogames

    Combien de millions de jeunes jouent à ce jeu « deus ex human revolution » et reçoivent ces messages?

    Ce n’est pas la peine de leur dire que la conpistaion au service d’un complexe militaro-industriel n’existe pas.

    C’est du pain béni pour les mouvements anti-impérialistes, extremistes de droite comme de gauche pour agir sur des esprits moins crituqes que d’autres.

    Même ceux qu défendent l’indéfendable et soutiennent des dictatures comme celle de kadhafi sont persuadés du bien fondé de leur démarche, ils baignent dans cette culture qui mène à ce terme que vous utilisez le « confusionisme ».

    @conspis, il ya du boulot sur la planche.

  35. ObïOxOïdO says:

    @Doctorix, toujours dans la propagande pro-libyenne

    http://resistance71.wordpress.com/2011/10/21/guerre-imperialiste-en-libye-le-lynchage-de-kadhafi-favorise-la-somalisation-voulue-de-la-libye-chaos-et-destruction-sont-les-armes-de-lempire-occidental/

    Ce monsieur Doctorix est l’exemple type de ce que vous dénoncez.

    Conspis hors de nos vi[ll]es, allez donc faire un tour sur ce site adepte de thierry Meyssan et consorts.

    Quand on n’est pas d’accord avec ce genre d’activistes, on se fait traiter de Troll puis tricarder sur askimet.

    Félicitations pour votre travail votre article « Anti-impérialisme » fait vraiment plaisir à lire.

  36. El Argentino says:

    C´est pas seulement une question de frustration. Pour moi iI ya 2 facteurs psychologiques qui expliquent le développement de la croyance conspirative.

    1) Un monde plus facile à comprendre, plus saisissable et donc plus rassurant. La vérité du monde, est qu’il est chaotique. Le monde est le résultat de l’action humaine, et non pas l’intention humaine. Ce n’est pas la conspiration de banquiers juifs, les extraterrestres gris ou les reptiloids d’une autre dimension qui contrôlent notre destin. Beaucoup plus effrayant, personne n’est en contrôle; le monde est sans gouvernail.

    2) Un monde plus passionnant où on trouve des méchants tout-puissant qui essayent de nous conquérir, est beaucoup plus chouette que la grise réalité.

    Bref, la pensée d´un adolescent…

    Rappelez-vous qu´ après la bagarre entre le PAS et les antifa, Soral menaça Julien Terzic en affirmant que ce dernier était « désormais dans le collimateur du Hezbollah » ? C´était hilarant !! Un seul exemple du style épique et infantile de Soral (si vous voulez mon opinion professionnel, il a une trouble bipolaire): quand on l´écoute on croit être devant un gosse de 14 ans jouant au jeu de rôle à la cour de la récré…

  37. Martin says:

    L’article est quand même par moment donneur de leçon. La prose me rappelle les maos de l’action antifa

  38. Mézigue says:

    Bien vu ! Le problème est qu’ils entraînent dans leurs sillages des ados plus jeunes qui pourraient devenir fanatiques à hauteur de leurs frustrations.

  39. El Argentino says:

    Les conspi como Soral ou Collon sont basiquement des adolescents de plus de 40 ans…

  40. Thomas says:

    De quels sponsors parlez-vous ?

  41. Nous y voila donc.

    « actuellement des hordes de fanatiques formées par les Etats-Unis répètent l’opération d’infiltration et de déstabilisation en Syrie, à grand renforts d’armes fournies par vos amis, pour raccourcir le trajet Israël-Iran.. »

    Bigre le camp des dictateurs a soutenir semble s’amenuiser ces derniers temps aprés la chute des masques des pro Khadafi voila la vague des pro-Bachar.

    Il ne vous reste que deux trois autres régimes autoritaires a soutenir. Tout cela au nom de l’anti-impérialisme en version réacopshére 2.0 ça ne s’arrange pas dites donc chez vous.

  42. Doctorix says:

    Merci pour votre article:vous avez, sans le vouloir, extrêmement bien décrit l’action de Khadafi pour son peuple , par votre référence à Michel Collon, d’une part, et vous vous êtes fait l’avocat de cette presse crapuleuse dont vos sponsors tirent la plupart des ficelles, celle qui vise à diaboliser pour conquérir, mettre en place des dirigeants aux ordres d’USraël, et piller les pays cibles.
    Vous pouviez ajouter, pour mieux vous tirer une balle dans le pied, que cette action « humanitaire » en Libye aura coûté la vie à 50 à 100.000 civils, femmes et enfants compris, et qu’actuellement des hordes de fanatiques formées par les Etats-Unis répètent l’opération d’infiltration et de déstabilisation en Syrie, à grand renforts d’armes fournies par vos amis, pour raccourcir le trajet Israël-Iran..
    Mais là, c’était trop demander.

  43. Mézigue says:

    Article très intéressant car il pose correctement la question impérialisme/nationalisme. On notera l’allusion fort juste aux idées de l’authentique fasciste français d’après-guerre, Maurice Bardèche.

    Sur ce site il est signalé la suite d’un article décapant* sur Alain Badiou

    * http://www.magmaweb.fr/spip/spip.php?article482
    http://www.magmaweb.fr/spip/spip.php?article552

    Je risque une comparaison : Alain Badiou, authentique philosophe, « d’extrême-gauche » est le pendant d’Alain de Benoist (faux) philosophe d’extrême-droite.

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